Accueil| Programmation| Historique| Galerie| Partenaires| Contact
Jazz and Blues présente Renseignements pratiques Dossier de presse Dossier de presse suite Dossier reportage Dossier reportage suite

   
La pause fût la bienvenue pour s’ébrouer un peu et retrouver ses esprits … avec un verre de bordeaux.
Le second set de la soirée nous a permis d’écouter Sari Schorr & Engine Room’ pour leur seule prestation en France de ce printemps. Vidéo: https://youtu.be/KJE-wW_Nkhw
En tournée en Grande Bretagne ils ont fait un saut de puce Bristol-Bordeaux avant trois dernières dates en Europe du Nord et le retour de Sari à New York. Elle n’est pas issue d’une famille de musiciens mais elle a travaillé le classique durant ses études; dotée d’un registre de 5 octaves accompagné d’une forte puissance vocale, elle fût naturellement encouragée dans cette voix. Mais elle était jeune, habitait une bien grande cité et n’était pas des plus disciplinée alors, son oreille fût bientôt attirée par Billie Holiday et Ella Fitzgerald, puis Bessie Smith et Ma Rainey. L’apprentissage du métier sur le tas avec des groupes à New York, quelques prestations comme choriste pour Popa Chubby et Joe Louis Walker et nous voici en février 2015 à Memphis. Durant le concours de l’International Blues Challenge, la ‘Blues Foundation’ honorait Mike Vernon d’une distinction ‘Keeping the Blues alive’ dans la catégorie ‘Producteur’ et c’est à cette occasion qu’il a entendu Sari. Impressionné par la voix de la belle, il sait déjà qu’il travaillera avec elle et 18 mois plus tard, c’est la sortie du premier album de la newyorkaise aux jolis yeux verts. Depuis, sa carrière s’est envolée et nul doute que les plus grands sommets l’attendent. Le guitariste Innes Sibun, qui fût un complice de Robert Plant, emmène le groupe anglais ‘Engine Room’ où le piano est tenu par Anders Olinder et où Kevin O’Rourke officie derrière la batterie. Le bassiste habituel, hospitalisé, a été remplacé au pied levé par Ian Jennings, lequel n’est pas un inconnu pour le public de Léognan puisqu’ il y a quelques années, il tenait la contrebasse derrière Mud Morganfield. Dans la carrière de ce Ian, on trouve de larges pans de l’épopée du ‘rockabilly revival’ anglais puisqu’il a participé à l’aventure des ‘Big Town Playboys’ avec Darrell Higham, Mike Sanchez  et tant d’autres. Les musiciens démarrent puis Sari entre en scène pour «Ain’t got no money». Elle est très féminine dans une robe à paillette et tout de suite sa voix puissante emplit toute la salle. Ils nous ont offert une majorité des chansons de l’album et parmi les plus grands moments notons un «Ordinary life» essentiellement soutenu par le piano et, dans ce simple écrin, le vrai joyau c’est la voix de Sari ! Plus rock, «Oklahoma» a donné lieu à de longs dialogues guitare/orgue tandis qu’avant «Aunt Hazel» elle explique que c’est ainsi qu’on désigne l’héroïne en argot newyorkais. Elle bouge ou danse sur les morceaux rythmés et dégage en ces moments une forte sensualité; sur les blues lents elle vit son texte et c’est le geste qui va bien, toujours au moment opportun … bref une bien belle présence, sans exubérance. Outre ses compositions, elle nous a gratifiés d’arrangements très personnels sur des reprises de grands classiques. Ce fût d’abord «Where did you sleep last night» dont l’origine se perd dans le lointain et dont on doit une belle version à Leadbelly, puis les très chantés «Stormy Monday» out «I just want to make love to you» ; mais rien à voir avec des versions existantes, du tout neuf. Au milieu du set, elle présente Innes avant de lui laisser la vedette pour «The stumble», un énorme instrumental; Innes est un grand guitariste, en particulier lorsqu’il oublie les pédales d’effets. Les meilleures choses ont une fin et le set s’est achevé avec une salle debout qui voulait bien aller au bout de la nuit. Ils sont revenus pour «Black Betty» un nouvel emprunt à Leadbelly mais là encore, traité à leur manière. Un grand set de blues, une grande dame, d’excellents musiciens, bref
une soirée comme on voudrait en vivre chaque soir. Afin que les fidèles du festival de Léognan qui étaient présent ce soir apprécient bien leur chance, ou leur sagacité, sachez que Sari a été choisie pour faire partie du plateau du ‘Festival de Montreux 2017’ (le 9/7).

Mercredi 7 juin : ‘La Section Rythmique’ au château de Lantic à Martillac (33)    Vidéo:  https://youtu.be/1qC-mlgB3fs
Cet ensemble est un trio parfaitement australo-français, même si sa moitié australienne réside en France. Oui, je sais, un trio c’est trois … et ce n’est pas divisible par deux ! Mais Dave Blenkhorn, excellent guitariste capable de tout et surtout du meilleur, est un parfait australien qui s’est posé en Gironde; bien français et installé dans les Landes Guillaume Nouaux est un des tout meilleurs batteurs et le très demandé contrebassiste Sébastien Girardot partage des racines australiennes et françaises. Tous très prisés et donc beaucoup sollicités pour participer à des ensembles de jazz ou des spectacles, je vous laisse imaginer la qualité de leur production lorsqu’ils se retrouvent ensemble ! Un joli petit château sous un soleil estival comme cadre, un groupe de tables dans la cour intérieure et quelques vignerons de l’appellation ‘Pessac-Léognan’ qui font goûter leur production à des festivaliers aux yeux qui brillent. Que voilà une belle entrée en matière qui prédispose parfaitement les oreilles à une soirée de fête dans un grand salon douillet, bien garni en spectateurs … mais le weekend de Pentecôte est déjà derrière nous. Nos tenants d’un jazz qui swingue vont redonner vie et habiller à leurs couleurs quelques standards et c’est avec «Hard times» qu’ils attaquent. C’est parti pour un premier set de titres aux rythmes variés sur lesquels David sollicite sa Gibson de collection pour broder de belles phrases sur une étoffe de luxe tricotée par la paire Sébastien/Guillaume. Nous avons ainsi
entendu «Just closer with Thee» qui nous a fait voyager vers Crescent City, ou un hommage à Billie Holiday avec «The Mooche» rare pièce chantée par David et slappée par Sébastien. S’ils tous sont montés au créneau pour de grands moments musicaux, les phases spectaculaires qui ont esbaudi l’assistance furent l’œuvre de Guillaume. Ce fût d’abord «It ain’t my fault» un titre de Smokey Johnson concocté pour batteur; mais c’est surtout durant «It don’t mean a thing» qu’il se lève au moment d’une série de ‘slaps’ de Guillaume pour se substituer à la main droite de ce dernier et frapper les cordes de la contrebasse avec ses baguettes … effet garanti ! Une petite pause et c’est reparti pour un tour avec une surprise lorsqu’apparaît George Washingmachine qui n’était pas au programme. Voilà un australien de passage qui fait pencher la formation en quatuor plus australien que français bien qu’avec son violon, on retrouve l’architecture du légendaire quatuor du Hot Club de France’. De son vrai nom Stephen Washington, notre homme, qui n’est plus un gamin, respire la gentillesse et malgré son bitos ridicule, c’est un violoniste de talent et il chante fort bien. Des classiques comme «Night train» ou «Birth of blues» ont enchanté le public qui applaudira à tout rompre jusqu’à un «Tea for two» bien enlevé au rappel. Entre temps, Guillaume avait repris ses facéties en faisant entendre, en solo, des accents d’une «Marseillaise» jouée avec les baguettes sur la cymbale ou, lorsqu’au cours d’un de ces solos dont il a le secret, il a fait semblant de coincer une de ses baguettes dans la pédale charleston. Autant de gestes qui suppose une parfaite maîtrise de
sa batterie; ceci étant, et sans être aussi démonstratifs, ses compagnons sont aussi des experts incontestés de leurs instruments et chaque spectateur est sorti le visage rayonnant de satisfaction.

 

Jeudi 8 juin : ‘Thomas Bercy Trio’ au château Latour-Martillac (33)
Le lendemain nous nous retrouvons toujours avec une dégustation de ‘Pessac-Léognan’ au château Latour-Martillac, à peine à quelques encablures du lieu de concert de la veille. Les propriétaires sont amateurs de jazz de longue date et en particulier de piano; c’est donc cet instrument qui règne en maître lors de la soirée annuelle en ce lieu. Le concert se tient dans le grand salon de réception sur une scène placée sous l’immense copie d’un tableau d’un peintre régional consacré aux vendanges d’antan et entre deux ancestrales grandes cuves de bois parfaitement rénovées … un lieu de rêve ! Thomas Bercy est un pianiste de grand renom installé dans la région et plutôt porté vers un jazz moderne; sa prestation actuelle est d’ailleurs consacrée à une relecture pianistique du répertoire de John Coltrane. Dans l’optique d’un spectacle de jazz classique, Thomas s’est mis au boulot pour relire avec sa perception actuelle le répertoire de Duke Ellington sur lequel, jeune pianiste, il a fatalement buté. Il a choisi le trio et s’est entouré de Jonathan Hédeline, son habituel contrebassiste et, son batteur étant pris avec son propre
groupe, de Guillaume Nouaux qui nous avait tant fait vibrer la veille. Il se présente, indique son intérêt pour le jazz moderne, mais tempère en rapportant une boutade attribuée au Duke qui aurait répondu à une demande d’interprétation de jazz moderne « Pourquoi voulez-vous donc que je recule autant dans le passé? » … Et c’est parti avec «Take the Coltrane» qui est une manière de permettre la transition entre les deux occupations actuelles de Thomas et déjà l’assistance retient son souffle. La suite de ce concert nous permettra d’entendre une foule de classiques mais pas de reprises serviles, la patte de Thomas Bercy est passée par là et ses compagnons lui emboitent le pas avec classe. Parmi ces merveilles ils ont, entre autres, déroulé avec bonheur «Take the A train”, “Azure» dans une version arrangée par Olivier Gatto, «Mack the knife» ou «Perdido». Sage et attentif au jeu de Thomas, ce dernier morceau a donné à Guillaume l’occasion d’un premier solo fortement applaudi. Puisqu’on parle de ‘reprises’, celles-ci sont ravaudées à la perfection par nos artistes, de vrais couturiers de luxe ! C’est pendant l’interprétation de “In a sentimental mood” qu’éclate l’orage violent qui menaçait depuis longtemps et que le bruit de l’averse essaie d’entrer en phase avec le rythme du morceau … bon prince, Thomas glisse alors quelques notes de «Singing in the rain» dans son chorus. Leur prestation se terminera sur l’incontournable «Caravan» ou chaque musicien a profité de l’occasion pour exécuter un long solo et cette caravane de chorus superbes a conduit les spectateurs vers un plaisir intense qui se traduit par une formidable ovation … on a senti les musiciens émus au moment du salut final.


Vendredi 9 juin : ‘Foolish King’ centre culturel ‘La Ruche’ à Saucats (33) 
Ce vendredi, ‘la Ruche’ accueillait un essaim d’amateurs de Soul et de Blues qui bourdonnait en attente d’émotions fortes promises par la formation bordelaise des ‘Foolish King’. A la base, le trio instrumental ‘Electric Boots’ au répertoire basé sur cette Soul de Memphis à dominante d’orgue qui faisait florès dans les 60’s grâce, en particulier, à Booker T Jones; parmi leurs autres influences, les frères Neville et ‘The Meters’ ou Baby Face Willette, organiste de Grant Green. Composé de Julien Bouyssou à l’orgue Hammond, Julien Lavie à la batterie et Charlie Dufau à la guitare, le groupe a gagné le prix de la ‘Note Bleue’ au tremplin ‘Action Jazz’ 2015. ‘Electric Boots’ devient le quintet ‘Foolish King’ lorsque viennent s’amarrer la chanteuse bordelaise Charlie Dales et le bassiste Victor Bérard, Deux Julien, deux Charlie, une vraie malchance que le bassiste ne se soit pas appelé Julien ou Charlie, nous aurions eu un full au Charlie par les Julien … ou l’inverse. Charlie Dales fût immergée dans la musique dès son plus jeune âge au travers de l’ambiance familiale et ce fût dix années d’étude de piano classique puis, une volte-face vers le Rock. Avant de rencontrer les joyeux lurons qui sévissent dans ‘Electric Boots’, Charlie a été chanteuse durant quatre ans d’un groupe appelé ‘Les
Vaches Folk’s qui fût rebaptisé ‘Charlie and the Freshmen’. L’expérience de la scène lui fût bénéfique et on remarque très rapidement l’aisance avec laquelle elle fait sien chaque espace qui lui est laissé. Rapidement ‘Foolish King’ gagne le tremplin de ‘Blues en scène’ 2015, puis est invité au festival de Montréal ! Ce n’est certes pas un vrai full mais quand même une main gagnante et n’hésitez jamais à passer une bonne soirée en leur compagnie. Un démarrage instrumental musclé de ses compagnons et Charlie bondit en scène, avec un joli petit short sexy, toute de noir vêtue, mais avec des bottines dorées. Ils vont tout de suite indiquer la direction avec «Rock steady», belle reprise empruntée à Aretha Franklin qui, outre la voix puissante et la présence scénique de Charlie la chanteuse, mettra en valeur les qualités de Julien aux claviers et de Charlie le guitariste. Une chanteuse qui bouge beaucoup et bien, qui danse, s’amuse avec les musiciens et s’adresse beaucoup à la salle … tout ce qui faut pour mettre l’ambiance et séduire une salle. Puis nous avons entendu des morceaux qui sont à leur répertoire quasiment depuis les débuts, ainsi «No Charity”, “You left me» ou le «Messin’ with the kid» de Junior Wells & Buddy Guy; mais ils ont été judicieusement entrelacés aux compositions du dernier EP dont ils ont extrait «I wanna shout it loud”, ‘What a day” ou “What do you believe”. C’est avec «Strange life», titre phare de cet EP qu’ils ont conclu leur prestation avant de répondre à la demande pressante des spectateurs pour un rappel de deux titres dont «Hard to handle».
Encore une soirée qui laissera de bien bons souvenirs aux fidèles du festival ou à de nouveaux venus bien avisés.

 

   
                 Sarah LENKA                              Champian FULTON                               Gaëlle BUSWEL


 

                      Sari SCHORR                                                     Charlie DALES

 

 



 

 

 


 

                              
 

                                                           
                                         





Jazz And Blues association loi 1901 N° 0028DE1993 - Siret : 407 503 945 00013 - APE 923 A- Licence : 3-1014586

Powered by novoCMS